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Synthèse sur la Sociologie de la Famille

Publié par Epain Jessica

Synthèse sur la Sociologie de la Famille

Introduction :

 

 

Du XIX au XXème siècle, la famille est étudiée comme une instance de l’organisation sociale, d’intégration des individus et comme un marqueur du changement social. De 1950 à 1980 la sociologie de la famille va se constituer comme une spécialité de la sociologie. Mais les sociologues vont principalement s’intéresser à la famille au sens restreint du couple et des enfants. Ils  s’intéressent au rôle social, éducatif et affectif et à côté de ces travaux, les anthropologues vont s’intéresser à la parenté et à ses structures. A partir des années 80, il va apparaître nécessaire d’interroger toutes les dynamiques familiales et de les mettre en lien avec d’autres spécialités. Il va alors se développer tout un ensemble de travaux qui analyse la famille comme un fait social total, en relation avec d’autres sphères de la société. La France va jouer un rôle important dans la transmission du  modèle nucléaire en Occident. La famille nucléaire atteint son apogée dans les années 30 jusqu’aux années 70.  Les transformations dans les années 70, vont être analysés à cette période, comme si tout autre modèle de famille était contre-nature. Les caractéristiques de ce modèle nucléaire sont un taux de nuptialité élevé et le taux de célibat et de divortialité sont faibles. En 1972, l'âge moyen du mariage est de 24,9 ans pour les hommes et de 22,7 ans pour les femmes. Le taux de fécondité est très élevé, en 1965 il est de 2,83 par femme, il atteint son pic en 1965.  A partir du milieu des années 70,  le nombre de mariage chute, les célibataires sont en hausse, le taux de fécondité continue de chuter.  Les premières maternités sont de plus en plus tardives et le nombre de divorces explosent à partir de 1976. L'allongement de la scolarité et le retour des femmes sur le marché de l’emploi produit un décalage des calendriers et implique la diminution des familles nombreuses. On observe une hausse des familles monoparentales dans les années 70 et une hausse des familles recomposées dans les années 80. Les transformations touchent les institutions matrimoniales puis l’organisation familiale. Le couple formé par le sentiment amoureux reste et l’enfant devient le pilier stable. Il existe une indifférenciation des rôles masculins et féminins qui permet notamment de penser l’homoparentalité. Toutes ces transformations posent la question de la remise en cause du modèle classique de la famille et les craintes de la désorganisation sociale. La famille n’est pas une entité naturelle ni universelle. La famille est d’abord une construction sociale qui s’inscrit dans un contexte socio-historique particulier.

 

 

I Définitions Importantes, Formes de Parentalité et Type de Famille :

 

 

La première définition de la famille, importante, est celle de Martine Segalen dans son ouvrage : Sociologie de la famille. Pour l'auteure une famille est constituée d'Individus liés par alliance, par filiation, ou par l’adoption. La famille est une institution qui régit ces liens. Au sens de l'INSEE, la famille désigne les individus apparentés et vivants sous le même toit. Toujours selon Martine Segalen, la famille est incluse dans une parenté. C’est à dire un système de représentations qui autorise chacun à se situer dans l’univers social, ainsi qu'un système de règles. La parenté et la famille peuvent prendre des formes différentes dans le temps et dans l’espace. Mais la famille renvoie plutôt aux formes de relations qui unissent les individus alors que la parenté renvoie plutôt au système des relations et à sa structure. Frédérique Le Play (ingénieur et sociologue),  va établir les différentes formes de familles présentent en Europe. Pour cela il va utiliser les variables suivantes : les modes d’organisation des relations familiales et sociales, les formes d’autorités et les formes de redistribution, ou de distribution. Fréderic Le Play va alors définir trois types de familles : patriarcale, instable et souche. Selon Frédéric Le Play le caractère très inégalitaire et hiérarchisé qui correspond aux systèmes sociaux valorisés sous l’ancien régime apprend aux différents membres de la famille, l’ordre social et leur montre leur place. Ces différentes formes correspondent à des traits culturels et religieux, à des conditions économique diverses mais aussi à des conditions politiques qui ont parfois imposé des modes de relation familiale. Nous avons vu plus haut que dans les années 70 les familles monoparentales ou encore les divorces prennent de l'envergure avec le temps, contribuant ainsi à l'apparition de nouvelles formes de familles. Selon l’INSEE et l’INED « une famille recomposée comprend un couple d’adulte mariés ou non ayant au moins un enfant né d’une union précédente d’un des conjoints. Les enfants qui vivent avec leurs deux parents et des demi-frères ou demi-soeurs font donc aussi partie d’une famille recomposée. » Pour la période de 2004 à 2008 les enfants âgés de 0 à 17 ans sont 6% à vivre dans une famille recomposée, 16% vivent dans une famille monoparentale et 75% vivent dans une famille dite traditionnelle, d’après le Haut conseil de la Famille. Pour Thierry Blöss les familles recomposées sont des catégories à réaliser dans le sens où leur existence découle des histoires familiales qui les ont précédées et qui concourent à façonner leur mode d’existence. Ils expérimentent un mode de vie bi-focal (double foyers) ce qui interroge sur les processus de socialisation et de transmission que l’enfant doit composer avec les différentes normes et les différents modes de vie. Selon l'INSEE, en 2003 1,6 millions d’enfants vivaient dans une famille recomposée. Aujourd’hui on s’approche des 2 millions. A travers le divorce, le lien conjugal est devenu un lien

». Être dans une famille implique des droits, des devoirs et des interdits entre parents et enfants. Cette définition peut s’appliquer à tous les modèles de famille dans le monde, mais les formes d’appropriation de l’enfant sont différentes et répondent à des règles sociales qui sont différentes selon les sociétés. On peut définir différents types de sociétés qui vont influencer les relations dans les familles : Les sociétés Patrilinéaires (l’enfant est approprié par les membres de la famille du père) ; Matrilinéaire (l'enfant est approprié par les membres de la famille de la mère) ; Ambilinéaire et Duolinéaire (l'enfant appartient simultanément au clan de la mère et du père) ; Bilinéaire ou Parallèle (les filles appartiennent à la lignée de la mère et les fils au père) cette situation est inversé dans les sociétés Croisées. On remarque dans les travaux des sociologues de la famille l'utilisation de l’opposition entre famille traditionnelle et famille moderne ou contemporaine.  transmission d’ un statut par les parents aux enfants » Par laquelle il y a : «une unité (de procréation) d’élevage et d’appropriation des enfants ». Cette notion englobe l’ensemble des relations, la filiation concrète qui existe entre les parents et les enfants. On peut distinguer 4 types d’exercices de la parentalité : Latérale (l'enfant a des relations avec ses deux parents), Unilatérale (relations avec un seul parent), Première (l'enfant vit avec le couple parentale), Composée (l’enfant vit dans un foyer).  Avec les familles recomposées et avec les familles homoparentales, on assiste à une remise en question de la filiation qui prévaut dans notre société. Maurice Godelier (anthropologue) propose une définition générale de la famille qui englobe la filiation : « La notion de parentalité connote d’une façon bien particulière, les rapports enfants-parents au regard de la notion de famille ou de la question des sexes. Parler de parentalité c’est considérer que le rapport enfants-parents n’est plus nécessairement médiatisé par la référence à un couple ou de la famille dissoluble et le lien de filiation est devenu un lien indissoluble.  Le primat est accordé à la filiation biologique plutôt que sociale. Pour Benoit Bastard  « 

 

 

II La famille moderne :

 

 

 ». On assiste à un phénomène de privation de la famille, ce qui signifie que les relations sont de plus en plus affectives. Dans le même temps il constate une plus grande intervention de l’état à travers les institutions dont le rôle et de veiller à ce que les obligations et les droits de chacun des membres soient respectés. On assiste également à l’apparition de nombreuses lois.l’Etat est devenu un facteur de la vie domestique ». Selon lui, la famille moderne est une famille relationnelle. Émile Durkheim observe le rôle de l’état à l’égard des familles notamment à l’égard des enfants. Au cours du XIXème siècle on assiste à l’apparition de règles publiques et juridiques qui limite le droit de correction paternel ainsi que des lois sur l’hygiène sociale conduisant à la création d'un système préventif qui concerne tous les enfants. Ainsi le souhait de préserver la volonté de l’enfant, la nécessité de lui apporter une éducation et des soins, justifie l’intervention de l’état et vient justifier le droit de regard sur la conduite des parents. Pour le sociologue, « les liens qui dérive des chosesCe qui nous amène à traiter de la famille moderne plus particulièrement. A partir du XIXeme siècle le modèle de la famille nucléaire s’est imposé comme modèle légitime dans une grande partie de l’Europe. André Buger, relate les difficultés relationnelles rencontré par les familles souches et communautaires au cours du XVIIIe et XIXe siècle. Ils constatent une séparation plus fréquente des ménages ainsi qu’une augmentation de la violence car la relation devenait moins supportable pour les enfants. Par ailleurs, la société industrielle et les nouvelles formes de division du travail qui lui sont associé ont changés les formes d’organisations familiales liées à l’activité rurale et au contexte social et politique. Par la suite, la typologie de Frederic Le Play est reprit par les sociologues. La pensée dominante associe, que la stabilité de la société dépend de la stabilité des familles, on retrouve l’idée d’une évolution des sociétés et des familles qui nécessitait des actions politiques pour encadrer des dérives possibles. C’est dans ce contexte qu’Émile Durkheim, analyse l’évolution de la famille moderne et pause 4 postulats qui correspondent selon lui, aux caractéristiques de la famille moderne. Il élabore ces postulats à partir des constats effectués en France et en Europe au cours du XVIIIème siècle. Au cours du XIXème siècle, les liens affectifs entre les membres du couple et entre les parents et les enfants tendent désormais à primer sur ce que le sociologue nomme «  approfondissement des principes d’individualisation et de transformation des liens sociaux plutôt qu’à leur bouleversement ou leur transformation radicale. ». siècle correspond à un « siècle et début du XXIe  »,  subdivise cette période en 2 parties : La période moderne du XIXéme siècle jusqu’aux années 70 et la période des années 70 à aujourd’hui, qu’il a d’abord appelé post-moderne et puis modernité II, en référence à des auteurs qui considèrent que le dernier quart du XXesociologie de la famille contemporaineLa famille traditionnelle semble renvoyer au modèle de la famille patriarcale, qui correspond à l’ancien régime mais qui s'étend parfois jusqu’aux années 30 pour décrire certaines familles dans les milieux ruraux. La famille moderne, correspond à une famille ayant des relations plus égalitaires. Enfin, le terme de famille contemporaine est souvent utilisé pour parler de la période du XIXéme à aujourd’hui. François de Singly (sociologue de la famille) dans son ouvrage « 

 

 

III Des lois déterminantes dans la construction de la Famille :

 

 

 

» cette dernière ne peut se réaliser seulement que par la reconnaissance juridique. Dans le droits français, on remarque des contradictions,  il existe différentes lois qui défendent la liberté des individus mais qui sont contradictoires, ou incompatibles entre elles avec le droit des familles. Cette contradiction repose sur un fond de conception biparentale et d'autre part sur le respect de  l’intérêt de l'enfant. Ainsi la loi de coparentalité n'est pas respecté, on laisse encore en majorité les enfants sous la garde de leur mère. On peut également citer la loi sur les accouchements sous X qui permet  aux femmes de disposer de leur corps, de leur grossesse et de l'avenir notamment en l'absence du consentement du  partenaire. Cependant, cette loi rentre en contradiction avec la loi de 2002, sur l'accès à l'origine personnelle dans le cadre d'un tel accouchement. En effet, on rencontre ici des barrières notamment sur le secret attaché à l'adoption plénière.  On observe une dépossession des hommes du droit de l’enfant au sens large. Ces lois qui favorisent les femmes tendent à mettre en place une société matriarcale. Agnès Fine pointe d'autres contradictions, l'adoption n'est pas possible pour des couples pacsés ou vivant en union libre car elle est considérée comme une institution cependant, une personne seule peut adopter. Mais la loi, sur la FIV, refuse qu'une personne seule y accède au motif que l'enfant doit être un projet de couple. Quel que soit la situation des parents, ils ont tous les deux l’obligation d’assurer l’éducation de l’enfant qu’ils ont reconnu. Par la suite, la loi de 2005 supprime les termes de filiation légitime et filiation naturelle et reconnaît la filiation maternelle. Les lois ont ainsi influencés grandement la construction de la famille, encore récemment avec la loi sur le mariage pour tous, de 2013.a famille comme catégories réalisé  qui marque un véritable changement juridique de l’institution matrimoniale et qui entérine les changements de mentalité. La contestation de la maternité imposée, portée par les féministes  se double d’une contestation montante du mariage considéré dans sa forme patriarcale. Cette contestation apparaît d’abord dans les milieux intellectuels, que ce soit par : les marxistes, les féministes, les socialistes et les libertaires ou encore l’antipsychiatrie. La loi du 4 juin 1970 touche différents aspects de la famille, elle supprime la qualité de « chef de famille » au père et au mari et reconnaît l’autorité commune du père et de la mère sur les enfants dans le cadre du mariage et elle statut également sur les familles naturelles. En 1972, la loi sur la transmission des biens reconnaît l’existence légale de deux types de filiations, la filiation légitime pour les enfants nés dans le cadre du mariage et la filiation naturelle qui permet aux enfants nés hors mariage,  de bénéficier des mêmes droits. Puis, la loi de juillet 2002, instaure la notion de coparentalité en cas de divorce ou de séparation. Pour Pierre Bourdieu dans « L1970 », le caractère inégalitaire de la position de l’homme et de la femme tend à s’amoindrir. C’est la loi de le mari est le chef de la famille » est remplacée par « la femme doit obéissance à son mari l’expression « 1942Beaucoup de lois ont participé à la construction de la famille au cours des siècles. L’une des premières, la loi de 1639, rend le mariage obligatoire, cette loi vise à instaurer, à légitimer et à renforcer l’autorité paternelle sur le même modèle que celui de  l’autorité royale. En 1792, le mariage civil remplace le mariage religieux et devient le seul valide juridiquement. Il est conçu comme un contrat consenti librement entre deux individus. Puis la loi de 1889, autorise la déchéance paternelle en cas de maltraitance ou d’absence de soin porté à l’enfant. Ce qui traduit de l’évolution porté à l’égard des enfants. En 1920, une loi est promulguée qui réprime  l’avortement et la contraception. L’avortement est considéré comme un crime par le code pénal en 1810. En 1938, le code de la famille est promulgué, il s’autonomise donc du code civil, la famille devient un objet politique en soi. Toujours à la même date, une loi supprime l’incapacité juridique de la femme mariée, cette dernière s’émancipe alors. En

 

 

IV Le mariage :

 

 

». Ce lien étroit qui existe entre le système politique et la famille est bien perçu par les révolutionnaires qui accordent une importance particulière au mariage. Ainsi ils vont poser comme principe, que pour changer les fondements politiques de la société, il faut changer les fondements de la famille. Ils instaurent donc en 1792, le mariage civil qui remplace le mariage religieux. En échange de cette solidarité, l’État accorde une protection juridique et économique. Principe qui sera repris pour la base du PACS, deux cents ans plus tard. Le mariage civil va être relativement bien accepté par tous y compris par l’Église qui y voit le moyen de lutter contre les désordres, associés aux mariages. Il permet également, de régler la question du mariage des couples protestants. De plus, le mariage civil s’inscrit dans la continuité de la volonté monarchique, d’instaurer un mariage qui soit d’abord une institution politique et publique avant d’être une institution religieuse. L’inscription du droit de la famille dans le Code Napoléon en 1804, conserve le mariage civil et la transmission égalitaire des biens. L’autorité paternelle est  renforcée parce qu’elle est considéré comme l’autorité naturelle. Par ailleurs, le code civil revient aussi sur le divorce, le mariage devient un contrat entre deux individus responsables, l’union devient dissoluble et le divorce par consentement mutuel est autorisé en 1792. Le modèle hygiéniste va s’imposer dans la deuxième moitié du XIX siècle, comme modèle dominant, tant dans l’action publique que dans les bonnes oeuvres de la bourgeoisie. Ce modèle consiste à identifier les familles à risque, qui sont susceptibles de causer le désordre social. Les familles ouvrières sont principalement visées. Déjà dans les années 1830, on assiste à une reconnaissance des conditions de misère dans lesquels vit la classe ouvrière. Par ailleurs, l’État développe des politiques sociales, elles contribuent à modifier les comportements des individus, à modifier la structure des familles. Car si le mariage s’est imposé par la loi, le développement de la classe ouvrière urbaine s’est accompagné dans un premier temps d’un retour au concubinage, or cette situation a été combattue par la bourgeoisie de manière général car elle menaçait l’ordre social et moral. Les actions des hygiénistes mais aussi du patronat paternaliste ont contribué à imposer le mariage comme condition morale d’existence et à imposer le modèle de la famille nucléaire. le lieu de reproduction sociale, d’acquisition des catégories politique  », celle-ci étant considéré comme « « un lien séminal matriciel entre le système politique et la familleil existe , siècle. Il devient obligatoire par la loi promulguée en 1639. Cette imposition du mariage répond à une demande de l’Église qui dans le processus de rechristianisation de la France, cherche à moraliser les unions en réprimant la sexualité. Protestants comme catholiques travaillent pour imposer le mariage qui délimiterait la famille. L’imposition du mariage répond aussi, à une volonté de l’État, de contrôler les alliances afin de garantir la perpétuation et l’enrichissement des patrimoines et de fixer les populations dans les territoires du royaume afin d’en assurer le contrôle. Le mariage devient dès lors un instrument de régulation démographique. Le mariage devient le socle de la famille et par le contrôle des alliances et de la filiation, il devient une pièce essentielle des mécanismes de reproduction de l’ordre sociale. Selon André Burguière, historien de la famille siècle mais il ne concernait à l’époque que  la population au pouvoir. Le mariage se généralise entre la fin du XVI e siècle et le début du XVII Il est fréquent depuis les années 70 de comparer la famille actuelle à celle de l’âge d’or de la nuptialité qui s'étend des années 30  aux années 70. La famille apparaît alors comme idéale et quasi naturel. Celui-ci a été institué au XII

 

 

V L'Enfance, la Fécondité, la Parentalité, les Relations et la solidarité :

 

 

Dans la deuxième moitié du XIX siècle, les conditions d’hygiène s’améliorent, ce qui est dû aux actions sociales de l’État, du patronat mais aussi des ouvriers et des syndicats. Une des conséquences est une baisse de la mortalité infantile, l’intérêt  accordé à l’enfant et à son éducation, qui conduisent les couples à développer des pratiques malthusiennes, qui ont pour effet de réduire la taille des familles en diminuant le taux de fécondité. Malthus est un économiste britannique, il prône la limitation de la croissance démographique pour accroître la richesse des pays. Le recul de l’âge pour le mariage, diminue également la période de fécondité de la femme et participe au développement du célibat. Suite à cela diverses

associations vont se créer pour lutter contre la dépopulation, comme l’Alliance Nationale pour l’accroissement de la population française, en 1896. Cette association va développer une propagande en faveur de la natalité. La 1 ère Guerre Mondiale marque un tournant, le nombre très important de morts va amplifier les inquiétudes des natalistes dont la propagande va redoubler de vigueur. Sous le régime de Vichy, le maréchal Pétain systématise la politique de la famille dans le cadre de la révolution nationale dont la devise est « Travail, Famille, Patrie » La relance de la natalité est une des priorités. le taux de fécondité va passer de 2 à 2.3 entre 1940 et 1945. L’intérêt pour l’enfant a commencer à apparaître vraiment au XVIIIème siècle, on a commencer à prendre conscience chez la bourgeoisie des lumières que l’enfant est un être fragile qui nécessite des soins et l’attention des adultes. Les adultes ont le devoir de les prendre en charge et de les prendre en compte. Cet intérêt n’a pas cesser d’augmenter, cela devient important pour l’état et plusieurs lois sont promulguées, dans le domaine de la famille ou encore sur la responsabilité des parents. Les pouvoirs publics à partir des années 70, ont créés de nouvelles lois pour la famille, qui renforce le droit des enfants et dans le même temps, la notion de droit à  l’enfant. Jean Carbonnier (juriste), a été à l’origine des premières lois dans les années 70. Il a beaucoup travailler sur les droits de l’enfant et sur le droit à l’enfant. Dans la définition juridique, le droit à l’enfant signifie le droit à donner la vie. Cela implique que les pouvoirs publics, permettent aux couples de bénéficier de tous les moyens médicaux qui sont à disposition pour donner la vie. Ce qui a donné lieu à la loi de juillet 1994 qui statut, sur les aides médicales à la procréation. Ce droit s’est étendu à une revendication des couples qui ne pouvaient pas avoir d’enfant naturellement.Cette revendication est devenue très forte et les progrès médicaux se croisent avec une injonction qui est faite aux couples et aux femmes de procréer. Cela est redevenu une imposition sociale très forte. La famille et les relations  permettent de comprendre également les réseaux qu'elle implique et notamment la solidarité. Agnès Pitrou montre la force des liens de parenté, ils sont le vecteur d'un nombre important d’échanges. Ils sont structurés de manières différentes selon les classes sociales et les étapes du cycle de vie. Il s'agit d'un système de don et de contre-don qui s'inscrit dans le temps et la généalogie, toutes aides donnent lieu a une aide en retour. Les réseaux d’échanges sont présents dans toutes les familles et on constate des différences en fonction des milieux sociaux, des générations et du genre. François de Singly constate un poids plus important de l'affectif dans les relations de parenté car aujourd’hui les schémas sont moins rigides et les règles et usages liés au genre ou au rang, sont moins précis. En effet auparavant, le rang dans la fratrie : cadet ou aîné, impliquait un rôle particulier. Dans toutes les sociétés un ordre de succession des naissances, organise les liens fraternels, en effet l'inégalité d'âge, renvoie à une inégalité de position. Dans le système de solidarité, dans les différents genres, on voit que les filles, dans les fratries mixtes, sont plus sollicités pour aider les parents et notamment quand ils sont devenus dépendants et d'autant plus quand cette dernière est célibataire. En effet, l'enfant n'ayant pas de famille à gérer, n'est pas encore considéré comme un adulte. Dans les familles où le modèle égalitaire prime, le rang dans la fratrie induit des rôles et des attentes différenciées de la part des parents. Le déplacement dans la fratrie suite à une naissance, entraîne, une modification de la position et des responsabilités. Les parents et beaux parents tentent d'apaiser les conflits en veillant a imposer des relations égalitaires entre les enfants, afin de favoriser le sentiment de fraternité. Tous les travaux insistent sur le travail des parents sur cette attention qu’ils portent à traiter les enfants de la même façon quel que soit leur situation. Les relations à l'adolescence ou à l'âge adulte, donnent lieu aux tensions et c est généralement au sein des fratries, que sont exprimés les rancunes, liés aux déceptions accumulées. Le moment de l’héritage ou de la transmission est une occasion ou s'exprime les amertumes liés au sentiment d'injustice ressenti. Parmi les transmissions on retrouve, le patrimoine qui occupe toujours une place importante et cette place est devenue croissante depuis la fin du XXème siècle. Le patrimoine immobilier y participe très largement selon Sibylle Gollac, les aînés, sont pressenti de manière privilégié, comme repreneur du patrimoine professionnel. Dans les fratries féminines les filles peuvent endosser le rôle de repreneur. Dans les fratries mixtes, elles n’héritent pas du patrimoine professionnel mais sont souvent orientées vers des études afin de convertir leurs savoirs scolaires, en position sociale plus élevée. Pour les salariés la forme est différente,  les aînés héritent du logement, les filles et les cadets héritent des liquidités. La place des enfants est importante, celle des parents aussi.

 

 

VI La place de la mère et la place du père des années 60 à nos jours:

 

 

Au tournant des années 60 et 70, les pratiques changent. L’image de la mère vouée à ses enfants et à son foyer commence à vaciller. Les couples éprouvent de plus en plus la nécessité d’un deuxième salaire. Le niveau de vie augmente, les nouvelles normes d’éducation des enfants qui incluent de plus en plus d’activités extrascolaires, coûtent chères. De plus le taux de scolarisation des filles augmente rapidement. Le marché du travail favorise aussi le retour à l’emploi des femmes avec le développement du secteur tertiaire. De ce fait, on assiste à une désacralisation de la maternité, les femmes délèguent le soin des enfants à des structures de garde collective. A partir des années 70, un premier mouvement de masculinisme apparaît, qui revendique l’égalité des droits entre les hommes et les femmes

jusque dans les années 90, la garde est  presque systématiquement confiée à la mère, ce qui revient à écarter les pères de leurs responsabilités éducatives en les privant de tout droit de décisions vis-à-vis de l’enfant. D'après ce rapport, c’est le cas dans 79% des cas de divorces et 84 % des séparations pour l’année 2003. La garde alternée est statuée dans 11.5% des cas de divorce et 6% des cas de séparation. Les liens de filiation ont tendance à resserrer les liens de la mère et de l’enfant, si la mère est dans la majorité des cas, gardienne de l’enfant, le père se remet en couple de son côté et reforme une famille. Cela a tendance à distendre les liens avec l’enfant de la première union. Ainsi les enfants dont le Père ne vit pas en couple, sont 62% à voir le voir plusieurs fois par mois, contre 54% des enfants dont le père à une compagne (sans enfants) et les enfants dont le père à une compagne, avec qui il a eu des enfants, sont 30% à le voir plusieurs fois par mois.  L'enfant est le pilier du couple, il a sa place dans la généalogie, mais avec la désinstitutionnalisation du mariage, l'adoption et l'apparition de la Procréation Médicalement Assistée, la relation et la filiation évolue. En France la conception de la filiation repose sur un couple modèle biparental et bisexué. Longtemps ce modèle a été prédominant et considérer comme naturel et légitime. Cependant on estime que 30000 enfants vivent avec une famille homoparentale. Se pose  alors la question du rôle sexué de la parentalité dans la socialisation de l’enfant. Dans les sociétés occidentales la représentation de la famille de l’homme en tant que père et  de femme comme mère, est représentée comme un fondement de la représentation sexué chez l’enfant. Le modèle parental bisexué se construit tout au long du XVIIIème et à la fin du XXème siècle. La Famille homoparentale est alors considérée comme défaillante. Les parents sont isolés, ils culpabilisent ce qui les amène a solliciter les services sociaux ou les psychologues, à l’adolescence de leur enfant, de manière préventive. Au delà de la question de la socialisation des enfants depuis les années 70, la pluriparentalité et l’indifférenciation du point de vu sexuel soulève la question du regard ethnocentrique qui est posé par une partie de la population mais aussi une partie des pouvoirs public, des chercheurs qui tendent à naturaliser une forme de filiation particulière et un modèle de relation qui n’est pas basé sur l’égalité mais sur la complémentarité des rôles., , montre comment la représentation des rôles sexués valorisant la relation maternelle à l’enfant continue de jouer fortement dans les pratiques des professionnels qui interviennent dans la relations parents/enfants. D'après le rapport de Chaussebourg et Baux en 2007Travail domestique et responsabilités parentales : présupposés et paradoxes de l’action publique »».  Mais la question de la place du père se pose aussi dans l’espace public. Thierry Blöss «  dans ce nouvel agencement des relations et des statuts, tant du point de vue des droits et des devoirs parentaux que dans la prise en charge des tâches relatives à l’éducation des enfants et la parité parentale. Agnès Martial,  montre que les pères qui obtiennent seul la garde de leur enfant, remettent rarement en cause l’évidence maternelle. De fait dans la majorité de cas de divorce par consentement mutuel, le père accepte que la garde soit confiée à la mère mais de manière générale, l’obligation de coparentalité contenue dans la loi de 2002 met en question le rôle de parent. L’auteure note que cette coparentalité nécessite pour les pères, de construire leur rôle et place : «

 

 

Conclusion :

 

 

Pour conclure, pour Pierre Bourdieu la famille est une fiction bien fondée et selon lui le modèle de la famille, soudée par des relations harmonieuses, elle contribue à rendre réel ce qu'elle affirme. La famille se reconnaît et se vit comme tel, et c'est ce qui permet sa stabilité. Les pouvoirs publics reconnaissent la famille pour ce qu'elle est, ce qui encourage sa promotion par des aides multiples et ce qui contribue en retour à entretenir la fiction ou l'illusion. La loi récente comme celle de 2013 sur le mariage pour tous, alimente les débats autours de la parentalité, des rôles sexués ou encore sur le droit à l'enfant. Des débats qui concernent également les beaux-parents et leurs droits et devoirs vis à vis de l'enfant qu'il élève, ce qui contribue à nous questionner sur la parentalité biologique et la parentalité sociale. La famille est en mouvement, nous avons qu'elle évolue en fonction des siècles mais aussi en fonction des politiques et des cultures. La famille n'est donc pas figée, elle n'est pas non plus un système simple et unique et se caractérise par ses formes multiples.