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Les écrits professionnels : la Distance

Publié le par Epain Jessica

Les écrits professionnels : la Distance

Dans un écrit on a tendance lors des premiers jets à donner son avis sans le vouloir et à transmettre au lecteur ses jugements ou ses réserves. Dans un bon écrit il faut donc avoir conscience de ses réticences, de ses préjugés afin d'équilibrer son écriture et de ne transmettre, que ce qui est utile et neutre au lecteur. Des expressions existent pour nous permettre de prendre cette distance :

 

Il semble que/Il semblerait

 

Il aurait fait/ il aurait vendu (utilisation du conditionnel lorsque l'information n'est pas sûr)

 

On remarque que/ Je remarque que (voir avec le centre de formation pour l'utilisation du nous ou du je)

 

Je constate lors de cet entretien/Nous constatons...

 

L'utilisation du verbe constater et remarquer est utile pour décrire un fait brut.

 

Dans un écrit professionnel ou d'exercice de formation, il est important d'avoir toujours en tête que chaque données a sa place dans un endroit précis. Ainsi les données portant sur l'identité de la personne, sont toujours les informations premières dans un texte, après l'introduction (2 ou 3 lignes pour décrire la rencontre.)

 

Exemple : Monsieur D s'est rendu dans nos bureaux pour la première fois, en octobre 2013, afin de faire une demande d'aide concernant son fils. En effet, le père s'inquiète pour la santé de ce dernier, qui, selon Monsieur D, ne s’alimenterait pas correctement.

( Utilisation du conditionnel ! ) Toujours préciser que les propos viennent du père, ils ne sont pas le fruit de notre interprétation, ce sont des FAITS !

 

Plan d'un texte professionnel général :

 

Utilisation de l'entonnoir, je part des informations générales et je recentre mon attention sur des détails plus particuliers.

 

Recueil de données

 

I Informations civils

 

Identité

Nombre d'enfants

Situation familiale

Contexte de la demande (encore une fois avec cette fois ci, une phrase de transition)

 

II Situation et contexte

 

Explication de la situation de la personne, avec la création de sous parties, afin de ne pas mélanger les informations. Le principal étant de ne pas rédiger l'écrit à l'imparfait ou au passé simple (temps du récit) et de ne pas se baser sur des repères chronologiques pour faire un fil rouge.

 

La création des sous parties permet de suivre un entonnoir, là je précise mes informations :

 

-Situation familiale

 

-Santé de Monsieur D

 

-Logement de Monsieur D

 

 

III Analyse

 

Données théoriques et des faits, je m'appuie sur des citations des usagers et sur celles des professionnels. Je donne de la matière à la réflexion, d'ailleurs j'utilise beaucoup de questions lors de cette partie. C'est l'étape la plus importante, celle qui montre la distance, la réflexivité, et ensuite les pistes de travail, le plan d'action !

(Encore une fois je précise toujours dans l'entonnoir, mes infos par des sous parties, mais cette fois ci, sans titre ! Juste des phrases de transitions !)

 

IV Plan d'action

(pas de titre, des sous parties pour suivre les actions importantes et urgentes, puis celles sui peuvent attendre, qui sont plus longue à mettre en place!)

 

Les objectifs à court, moyen et long terme !

Pourquoi ces objectifs là ?

 

Nous avons vu plus haut que …..

Étant donné que....

Il semble suite à cette analyse que ….

L'analyse de cette situation m'a permis de m'interroger sur.... Et donc de proposer à Monsieur D …...

Avec son accord nous avons mis en place ….

A court terme il semble nécessaire dans un premier temps de régulariser la situation de Monsieur D, pour lui permettre de poursuivre son projet de déménagement.

 

V Retour

 

Un retour sur nos actions, qu'est ce qui a fonctionne et qu'est ce qui a foiré !? Pourquoi ?

Un retour sur nous même : comment je me suis positionnée ? Comment et qu'est ce que j'aurai pu améliorer ?

Toujours penser à la réflexion sur nos actions ! RIEN NE PEUT ETRE TOUT A FAIT NEUTRE ! Pourquoi ?

Nous avons des caractéristiques Externes : voir écrit de Pierre Fournier sociologue : Pierre Fournier, 2006. « Le sexe et l'âge de l'ethnographe : éclairants pour l'enquêté, contraignants pour l'enquêteur ».

 

-sexe

-couleur de peau

-âge

-culture

-niveau d'étude// niveau de l'usager// notre façon de parler, notre vocabulaire, notre tenue physique

-représentant d'une profession qui a des valeurs et qui est victime de préjugés // à l'usager qui n'a peut être pas de profession et qui a des préjugés sur votre profession

 

TOUTES ces informations ne sont pas contrôlables ou très peu. Il y aura toujours des informations qui nous échappent et qui :

-influencent l'entretien

-influencent la relation

-influencent les réponses

-influencent l'implication

 

Il faut en avoir conscience afin de se protéger, protéger l'autre pour ne pas avoir une attitude perçue comme violente (car renvoie trop de choses) et également en être pleinement conscient pour savoir si cette action va fonctionner ou pas et savoir pourquoi cela n'a pas pu se mettre en place. Parfois la réponse est dans notre attitude, la façon dont on s'occupe de la situation, notre intervention trop too much ou pas assez !

La conclusion : A soigner, je reprend mes informations importantes, j'ouvre avec ma réflexion théorie ou fait, comment poursuivre le travail avec l'usager ?

----> Il faut penser à la pérennisation !!!!!

 

La chronologie dans l'écrit :

La chronologie d'une situation t'aidera pour le plan et la construction de l'écrit mais rien de sera retranscrit date par date. La chronologie doit être un outil pour t'aider dans la construction et la mémorisation des données. Ainsi avant de rédiger, tu te remémore les premières rencontres, le déroulé des événements, ce qui s'est dit.

Mais en aucun cas, tu n'écriras cela :

En octobre 2013 Monsieur D m'informe que son fils ( Benjamin) ne s'alimente pas correctement et prendrait, selon les propos de Monsieur D, des « tranquillisants ». En novembre 2013 lors de notre quatrième entretien j’apprends que Benjamin aurait consommé de la drogue, selon Monsieur D il s'agit de « LSD ». En janvier 2014 Monsieur ne répond plus au téléphone et ne se présente plus aux entretiens. Il téléphonera à la fin du mois, pour m'annoncer le décès de son fils, survenu le 25 janvier.

En haut, les données sont mis côte à côte, pas de liaison, tout est chronologique et la lecture n'est pas fluide.

Lors de notre première rencontre, en octobre 2013, Monsieur D aborde très rapidement le sujet qui semble l’inquiéter quotidiennement, celui de son fils Benjamin. Selon Monsieur D, Benjamin consommerait de la drogue, des « tranquillisants » et du « LSD » régulièrement, selon Monsieur D : « deux à trois fois par semaine ». Lors de nos entretiens du mois d'octobre 2013 au mois de janvier 2014, nous aborderons plusieurs fois le sujet. Fin janvier les entretiens avec Monsieur D seront plus espacés, ce dernier ne répondant plus au téléphone ni aux courriers. Monsieur D nous contactera finalement pour nous annoncer le décès de son fils et nous informer de son projet, celui de quitter la région.

 

Les informations sont plus fluides et les dates sont laissées de côté pour donner plus d'importance à l'avancement de la situation et aux données acquises, non pas en novembre, puis en décembre, puis en janvier, MAIS BIEN lors de TOUS les entretiens avec Monsieur D ! On généralise les données que l'on a eu lors des entretiens par de l'entretien ! Quand on fait un écrit professionnel, il faut garder en tête, que c'est la situation globale et les informations globales également qui nous intéresse, pas le récit de la rencontre au jour le jour, comme un journal intime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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