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Sur la route du social.... à Mayotte !

Publié le par Epain Jessica

Sur la route du social.... à Mayotte !
  • Bonjour Jean*, peux tu nous parler de ton expérience à Mayotte, tout d'abord pourquoi travailler comme assistant de service social là bas ?

J'ai eu mon diplôme en 2017 en Métropole. Je suis à Mayotte car j'ai voulu retourner sur mon île de naissance pour y travailler. 

 

  • Et as tu vu des différences entre la France et Mayotte dans l'intervention sociale, le secret professionnel par exemple ?

Il y a énormément de différences avec la métropole, pas que dans le travail, mais dans presque tout...

Au sein de l'institution où je travaille déjà et au sein de la population mahoraise et des usagers. En tant que professionnel, je passe pour un africain. Alors que je suis originaire d'ici, les mahorais en général( collègues, usagers) pensent que je suis africain jusqu'à ce qu' ils m'entendent parler la langue d'ici. Le secret professionnel reste difficile à mettre en place, les gens parlent facilement de leurs problèmes aux autres collègues qui ne sont pas forcément soumis au secret professionnel.

 

  • Du coup est ce vraiment un problème si c'est accepté et dans la norme ?

Tout est un peu mélangé. Ça me perturbe moi dans ma pratique. J'ai besoin de cadrer pour ne pas me perdre.

 

  • En terme de problèmes sociaux remarques tu des différences ?

Beaucoup de pauvreté monétaire contrairement à la France où c'est plus au niveau de l'isolement. Il y a beaucoup de gens en situation de précarité administrative aussi.

 

  • Qu'entends tu par précarité administrative ?

Des gens sans papiers, sans qualification, sans perspective d'avenir.

 

  • Tu as tous les âges ?

Beaucoup de gens entre 20 et 40 ans.

 

  • Penses tu que le travailles est plus difficile à Mayotte ?

Ah oui on est bien en métropole, ici j'ai un bon salaire mais les conditions de travail, les partenaires etc. tout est difficile. Il faut avoir beaucoup de détermination et de persévérance. Et surtout maîtriser la langue et comprendre les mentalités locales pour pouvoir tenir. 

 

  • La vie n'est pas plus chère sur place ?

Aussi mais la plupart des gens n'ont tellement rien, le smic local est à 1100 euros, après ça dépend de ton mode de vie aussi. Vu qu'il fait chaud, on ne dépense que pour la nourriture et le loyer, Les gens qui ont les moyens dépensent leur argent plus pour voyager et faire des achats en dehors de l'île.

 

  • Souhaites tu rester à Mayotte ou poursuivre ton expérience professionnelle en France ?

Je pense terminer mon contrat et rentrer en métropole. Mais si c'était possible je resterai car pour moi, notre rôle en tant qu'assistant de service social est de contribuer au développement de l'île.

 

  • Quand tu parles du rôle de l'Assistant social et que tu dis que pour toi : c'est participer au développement de l'île, que veux tu dire par là ?

Ça fait depuis depuis 2011 que Mayotte est un département. Avant c’était juste une collectivité française. Les CCAS ici, existent depuis 2 ans environ. Tout est en train de s'élaborer. En tant qu’établissement communal, on est au plus prés de la population et c'est une première. Mon rôle est d'informer les personnes quelles que soient leurs nationalités, sur leurs droits et de les aider à faire les démarches, qui restent très compliquées ici. J'ai pour objectif de faire prendre conscience aux familles de l'importance de l'école de l'éducation. Il y a beaucoup d'illettrisme et d'analphabétisme. 

 

  • Quelle est la possibilité pour un Assistant de service social de trouver un emploi à Mayotte ?

En tant qu'assistant de service social, on peut facilement trouver du travail ici. J'ai pu échanger avec une ASS de métropole, qui m'a dit qu' elle a un traducteur avec elle. Elle y arrive et est, depuis 4 ans maintenant, au conseil départemental.

 

  • Quels conseils donnerais tu aux jeunes diplômés qui souhaitent travailler à Mayotte ?

Le conseil que je donnerai aux professionnels qui souhaitent venir travailler ici, c'est de mettre de côté tout ce que vous pensez connaître et rester ouvert. Il faut se préparer physiquement et mentalement à connaître des difficultés mais aussi à travailler avec des usagers qui restent respectueux et réellement dans le besoin.

 

 

Propos recueillis par EPAIN Jessica

*Prénom changé

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