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I.S.A.P : Intervention sociale d'aide à la personne

Publié par Epain Jessica

I.S.A.P : Intervention sociale d'aide à la personne

J’ai effectué mon stage de troisième année au Conseil Général. Au cours de cette expérience professionnelle, j'ai mis en œuvre des interventions sociale d'aide à la personne. Dans cet écrit je vous présente l'accompagnement que j'ai effectué auprès d'une personne, en polyvalence de secteur. Dans un premier temps, je présenterai le contexte institutionnel. Dans un second temps, j'aborderai le recueil de données et l'analyse que j'ai pu en faire. Et enfin, dans un troisième temps, j'exposerai le plan d’action de l'accompagnement proposé et son évaluation.

  • Contexte Institutionnel :

Le Conseil Général est régi par différentes lois1, notamment celles du 22 décembre 1789 et du 8 janvier 1790 qui a créée les départements, ainsi que la loi du 28 pluviôse an VIII qui, a institué un Conseil Général dans chaque département de France. La loi de décentralisation de 1982 a rééquilibré les pouvoirs et a défini les champs de compétence entre le préfet, représentant de l’État et le président du Conseil Général. Depuis cette date le département a le statut de collectivité territoriale. Le Conseil Général2 est dirigé par des élus locaux, il intervient dans le cadre de ses missions sur la Solidarité, la Mobilité, l'Environnement, l’Éducation, la Culture et le Sport ainsi que sur l’Économie du département et l'Aménagement de son territoire. Mon service fait partie de la mission Solidarité, qui concerne le service de Cohésion Sociale. Les pôles de ce service sont les suivants : l’Insertion, l’Enfance et la Famille, la Protection Maternelle et Infantile (PMI) et la Polyvalence de secteur, auprès duquel mon stage s'est déroulé. Les missions de l’assistant(e) de service social sont les suivantes : Prévention et Protection de l'Enfance, ainsi que la Protection des adultes vulnérables et enfin l'Insertion socio-professionnelle. L'assistant(e) de service social intervient dans la lutte contre les exclusions et l'isolement ainsi que pour favoriser l'accès aux droits, des familles et des personnes seules. Son rôle3 est le suivant : accueillir, écouter et informer les usagers, diagnostiquer et évaluer les difficultés et les demandes exprimées par les usagers avant leur traitement administratif. L'assistant(e) de service social intervient dans la prévention et l’accompagnement des familles en difficultés, il réalise des évaluations sociales suite à des informations préoccupantes et développe des interventions sociales. Il intervient également auprès de la prévention et de la protection de l’enfance.

  • Mon secteur d'intervention :

Le secteur urbain sur lequel je suis intervenue était une ville de 3 470 habitants4. La population y est vieillissante le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans est de 29,4 % et le taux de chômage est faible, 7.2 % contre 77% de personnes en activité. Afin de conserver l’anonymat des personnes rencontrées lors de mon stage de troisième année, des noms et des prénoms fictifs leurs ont été attribués.

  • Origine de la demande :

Madame MARTIN a pris un rendez-vous auprès de nos services, seule, afin de faire une demande d’aide financière car elle rencontrait des difficultés pour alimenter ses enfants. Elle était déjà connue des services sociaux pour avoir fait des démarches concernant des demandes d’aides financière et bénéficiait d’un suivi par la Protection Maternelle et Infantile (PMI) pour sa fille aînée il y a quelques années. Les rencontres ont eu lieu du 31 octobre 2013 au 12 février 2014. J’ai rencontré Madame quatre fois et un de nos rendez-vous n’a pas été honoré. J’ai pu également m’entretenir assez longuement, avec Madame au téléphone, une fois.

  1. Recueil de données :

  • État civil et composition du foyer :

Madame est âgée de 40 ans, elle est divorcée et a trois enfants à charge. Elle a deux fils, des jumeaux, âgés de 5 ans et scolarisés en moyenne section. Et une fille aînée, âgée de 10 ans, scolarisée en cours moyen de première année (CM1). Monsieur DUPONT, ex-mari de Madame MARTIN depuis 2011, est âgé de 39 ans. Monsieur perçoit l’Allocation aux adultes handicapés (AAH)5 et ne vit plus avec Madame. La résidence des enfants a été ratifiée par un jugement, il accueille ses enfants un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires.

  • Budget :

Madame est partie en septembre 2013, au mariage de sa sœur, à l’étranger. Son ex-mari est resté dans sa maison pour garder les enfants et aurait passé des coups de téléphone, entraînant une facture conséquente, que Madame MARTIN s’est trouvée dans l’impossibilité de payer. Les ressources de Madame en octobre 2013 s’élèvent à 1027.83 euros, soit 296 euros d'allocation chômage, 293,30 euros d'allocations familiale, 271,19 euros d'allocation soutien familial et 167,34 euros de complément familial. Les charges de Madame, s’élèvent à 464 euros par mois. Les dettes de cette dernière, s’élèvent à 13 277 euros en tout, les crédits sont au nombre de quatre. Elle rembourse 482 par mois pour la totalité des crédits, qui s’arrêtent en 2015, soit 46.89 % prélevés par mois, sur les ressources de Madame. Les impayés du foyer, s’élèvent à 306 euros. Ils comprennent une facture de téléphone de 183 euros et une facture d'électricité de 123 euros. Lors du premier entretien, Madame, venait de perdre son emploi en usine. Elle souhaitait avoir une expérience dans le maintien à domicile auprès des personnes âgées et/ou en situation de handicap.

    • Relations Familiales :

    Madame et Monsieur, restent en contact malgré quelques conflits selon Madame, notamment en ce qui concerne les enfants. Madame MARTIN exprime qu’elle se sent seule car sa famille vit en Algérie. Cette dernière exprime qu’elle souhaiterait voir sa famille plus souvent. D’après Madame, Monsieur ne rembourse aujourd’hui aucune dette, car il n’est pas imposable et perçoit l’AAH. Madame me dit trouver cela injuste, elle exprime également des difficultés avec ses deux jeunes fils. L’un deux s’est montré violent avec Madame, en lui donnant une claque, elle me dit qu’il est en colère contre elle. Cette dernière dit regretter d’avoir eu trois enfants, et ne pas avoir demandé de jumeaux. Madame pleure beaucoup lorsqu'elle évoque sa situation familiale. Les échanges nécessitent plusieurs temps de silence, afin de permettre à Madame de prendre son temps et de pouvoir parler.

    • Santé et Scolarité :

    La fille aînée, Barbara, est scolarisée en CM1. Les jumeaux,Valentin et Benoît sont scolarisés en grande section de maternelle. Les deux jeunes voient un psychologue au Centre médico-psychologique6 (CMP) et sont suivi par les Réseaux d’Aides spécialisées aux Élèves en Difficulté7 (RASED).

    Lors de nos échanges avec Madame cette dernière m'informe que Monsieur est atteint d’une maladie cardiaque, qui l’empêche de pratiquer une activité professionnelle. Ses problèmes cardiaques semblent le fatiguer, il dispose d’un pace-maker. Monsieur est accompagné par une collègue assistante de service social, sur un autre secteur.

    1. Analyse :

    Madame MARTIN est venu me voir pour une demande d'aide financière. Les ressources de Madame en octobre 2013 s’élèvent à 1027.83 euros et elle doit rembourser quatre crédits à la consommation qui prennent tous fin en 2015. Madame a t-elle déjà fait des demandes d'échelonnement ? Est-ce elle, qui a pris cette décision de stopper les crédits en 2015 ou cela lui a t-il été imposé ? Dans ce cas, Madame n'ose peut-être pas faire une demande de prolongement. L'arrêt des crédits, la même année, permet-il de rassurer Madame ? Je m'interroge sur l'organisation de paiement de ces crédits qui prennent 46.89 % de place dans le budget familial. La facture de téléphone qui est à payer est également l'objet d'un conflit entre Madame et Monsieur. Au quotidien Madame dit « ne plus pouvoir continuer ainsi à payer » mais tient le discours suivant : « au moins en 2015 tout sera fini et je n'aurai plus de crédits » Il semblerait que Madame souhaite tout payer afin de terminer les remboursements au plus vite. D'après la définition de la banque de France8, Madame est dans une situation de surendettement, en effet, cette dernière ne parvient qu'avec difficulté à rembourser les mensualités de ses crédits et malgré ses efforts, suite à la perte de son emploi les ressources de Madame ont baissé contribuant à un déséquilibre financier.

    La situation de Madame MARTIN semble la fragiliser et le comportement de ses enfants pourrait alors lui paraître compliqué à gérer. Madame semble être inquiète concernant les agissements de son fils, lorsque ce dernier lui a adressé une « claque ». Pour Madame, cela serait dû à « une colère », qu’elle n’a pas pu contrôler et qui selon cette dernière serait dirigée vers elle. De quelle colère s'agit-il ? Est-ce un ressenti personnel ou quelque chose qui lui a déjà était renvoyé, par son fils ou son ex-mari ? Je m'interroge sur la place du père et sur son intervention dans l'éducation des enfants au quotidien. Les enfants comprennent-ils la situation de leurs parents ? Madame se sentait, selon ses propos « trop épuisée » pour reprendre cela avec son fils. Cette dernière, n’ose peut être pas demander de l’aide à son ex-mari pour l'éducation de leurs enfants. Monsieur, dispose d’un pace-maker et, est d’après Madame « très épuisé car il fait des malaises ». Cela pourrait expliquer une forme de réticence, chez Madame pour demander de l'aide. Par ailleurs, Madame exprime le souhait de vouloir faire des activités avec ses enfants, afin de sortir et de leur permettre de faire des activités extrascolaires. Je m'interroge sur les préoccupations de Madame, vis à vis de sa présence, et de sa disponibilité. Se sent-elle suffisamment disponible d'esprit pour ses enfants ? Car en effet elle tiendra les propos suivants : « mes soucis sont trop présents, et on ne fait pas suffisamment de choses ensemble ».

    Lors des entretiens, Madame exprime le regret d'avoir eu des jumeaux. Quelle histoire entoure leur naissance ? Madame était-elle préparée à accueillir des jumeaux ? Il m'a semblé intéressant de pouvoir citer Monique Robin chercheur au Centre national de recherche scientifique (CNRS). En effet cette dernière, nous explique que : « la mère de jumeaux9 vit une situation psychologiquement difficile […] Cette relation à trois suppose, néanmoins, que la mère soit capable d’établir une relation réelle avec ses deux enfants. [...] Plusieurs chercheurs ont relevé le pourcentage élevé de réactions dépressives, anxiété, fatigue ou encore d'altérations de l'humeur, dont la fréquence serait plus forte chez les mères de jumeaux. » Monique Robin a repris le terme anglo-saxon de « stress psychosocial » pour expliquer la situation des familles de jumeaux et d’enfants multiples : « où la fatigue excessive10 se combine avec la pression financière et la culpabilité de ne pas pouvoir accorder plus de temps à chacun des jumeaux et parfois la difficulté de relation avec les autres enfants préexistants. » >Il faut selon moi prendre en compte la situation particulière de la famille de Madame MARTIN et la relation qu'elle entretient avec ses enfants et rester vigilant quant à la fatigue de cette dernière. En effet Madame n'a peut être pas été suffisamment accompagnée ni préparé dans l'attente de jumeaux ? Cela conduit peut être aujourd'hui, Madame, à une profonde anxiété ou encore peut-être au sentiment de mal faire, d'où son « regret » d'avoir des jumeaux ? Monique Robin précise notamment que : « Des difficultés psychologiques11 importantes peuvent persister longtemps après la naissance ». Madame MARTIN semble devoir surmonter des contraintes liées à sa situation familiale comme la garde des enfants ou l'impossibilité de compter sur les revenus d'un conjoint.

    De plus, la famille de Madame vit en Algérie toute l'année. Madame est-elle proche d'une situation d'isolement ou ressent t-elle un sentiment de solitude ? Elle peut voir Monsieur DUPONT régulièrement, elle se déplace et fait des recherches d'emplois, selon l’INSEE12, « sont considérées comme isolées les personnes n’ayant eu que quatre contacts ou moins d’ordre privé au cours d’une semaine de référence. » Madame MARTIN ne peut voir sa famille, que lorsque ses ressources le lui permettent. Ayant perdu son emploi, Madame souffre peut-être de la distance, ce facteur pouvant aggraver son sentiment de solitude. De plus, la valeur du travail semble très importante pour Madame MARTIN, qui souhaite trouver un emploi ou une formation rapidement afin de « rencontrer du monde et sortir ». Madame porte un intérêt concernant les professions en lien avec les personnes âgées et/ou en situation de handicap. Mais cette dernière semble avoir des difficultés pour trouver des informations sur les dispositifs permettant d’accéder à des formations. Si Madame MARTIN souhaite retrouver un emploi ne faut-il pas réfléchir ensemble à la faisabilité du projet professionnel. Il faut donc réfléchir aux centres d’intérêts de Madame mais également par la suite, évoquer les aspects pratiques et les concessions afin d'amener Madame, à distinguer les représentations et la réalité de certaines professions.

    L'ensemble de mon questionnement a fait émerger les points suivants : les préoccupations de Madame semblent être partagées, entre le besoin de reprendre une activité professionnelle et le souhait d’être plus présente auprès de ses enfants. Les axes de travail avec Madame et ses enfants semblent être une prévention de l’isolement, par la recherche d’un emploi ou d’une formation, ainsi que de mettre en lien cette famille avec des associations culturelles et familiales. Au regard de mes missions, je dois répondre aux préoccupations de la famille en proposant des actions concertées.

    1. Plan d’action :

    L'intervention s'est organisée selon des priorités définies avec la personne. A court terme tout d'abord plusieurs actions ont été entreprises avec Madame. Suite au bilan financier que nous avons établi avec Madame, afin de répondre à sa demande première qui était une aide, pour pouvoir faire des provisions pour ses enfants, j’ai fait une demande d'aide financière à l’aide sociale à l’enfance de 250 euros. Il me semblait également important que Madame MARTIN se renseigne auprès de sa banque afin d’établir des nouveaux échéanciers, si possible pour ses crédits, dans l’objectif de limiter ses dépenses mensuelles. Suites aux propos de Madame MARTIN et à ses inquiétudes quant au comportement de son fils, qui s’est montré « violent », je rencontre, avec l’autorisation de Madame, les professionnel(les) du RASED. Afin de connaître l’attitude des jumeaux à l’école et leurs comportements avec les autres enfants.

    Puis dans la continuité des actions je propose à moyen terme différents dispositifs à Madame. Afin de travailler sur sa relation avec ses enfants et permettre à Madame de poser les questions nécessaires sur l'éducation ou encore de pouvoir mettre des mots sur son ressenti en tant que maman de jumeaux et d'une jeune fille presque adolescente, je lui propose de rencontrer la puéricultrice du secteur. Pour travailler avec Madame sur sa relation mère-enfant, j’ai été à la rencontre d’une association, qui propose des activités aux mères et à leur(s) enfant(s). Cela m’a permis de proposer cette association à Madame MARTIN et de lui transmettre les coordonnées, pour qu’elle puisse travailler sur la relaxation et la détente ainsi que sur sa relation avec ses enfants, par des activités simples telles que les jeux de société, les jeux d’extérieur ou encore le massage et la découverte des sens. Et enfin sur le long terme, il me semblait important de pouvoir constituer avec Madame des actions et leurs objectifs.

    Dans la continuité des démarches financières, et sur le long terme, j’ai proposé à Madame MARTIN la constitution d’un dossier de surendettement, cette dernière a souhaité que je l’aide à remplir les documents nécessaires. Lors des deux entretiens de novembre et décembre, Madame apportera les documents nécessaires afin de constituer le dossier, il manquait certains contrats, pour les crédits de consommation et les revenus des trois derniers mois. Afin de permettre à Madame d’accéder à plus d’informations sur les professions qui l’intéressaient auprès des personnes dans le secteur médico-social, je lui ai transmis des coordonnées pour une formation d’auxiliaire de vie, disponible depuis peu, près de mon secteur d’intervention. Madame a pu les contacter afin de se renseigner sur les tarifs et les modalités. De plus, nous avons pu établir ensemble, quels établissements pourraient l’intéresser et quelles associations pourraient sur le secteur, permettre à Madame MARTIN d’avoir une expérience professionnelle auprès du public âgé et/ou en situation de handicap. Les coordonnées d'associations spécialisées et les fiches de poste des Agents de service hospitaliers, ainsi que les coordonnées de certaines maisons de retraites ont pu être transmises lors de nos rencontres. Ces informations ont permis d’être un premier axe de travail dans l’objectif de prospecter des emplois ou des formations à proximité du domicile de Madame et de permettre à l’usager de connaître plus précisément les missions et les rôles de ces professions. Pour anticiper sur un éventuel mode de garde, nous envisageons avec Madame la possibilité de rencontrer en sa présence, Monsieur DUPONT et l'assistante de service social qui accompagne ce dernier.

    1. Évaluation des actions :

    A court terme, les actions mises en place ont pu être établies en partie. L’aide financière demandée auprès de l’Aide sociale à l’enfance, s’élevant à 250 euros a été acceptée. Cela a permis à Madame MARTIN de faire des provisions dans l’attente d’une augmentation de ses ressources et du versement de ses allocations. Cependant les banques ont refusés d’étendre les échelonnements des crédits de Madame MARTIN. Notre démarche auprès du RASED et notre entretien avec les professionnels, nous a permis d'avoir un regard sur le comportement des jeunes à l’école qui ne semblent pas manifester de comportement violent ou dépressif par ailleurs, leurs résultats scolaires sont en progrès depuis quelques temps.

    A moyen terme, le lien avec deux associations qui travaillent sur le lien mère-enfant grâce à diverses activités, ainsi qu’une association sur l’accès à la culture et aux sorties familiales, n’a pas abouti. En effet la reprise d’activité de Madame, ne lui permettait plus d’avoir la flexibilité nécessaire vis-à-vis des dates proposées par l’association culturelle, pour les sorties. La reprise d’une activité professionnelle semble avoir permis à Madame de prendre de l’assurance et de diminuer ses inquiétudes pour le remboursement de ses crédits. De plus avec l’augmentation de ses ressources Madame a pu inscrire ses enfants à une activité sportive, au mois de février 2014. Les associations proposées, ne répondaient plus alors à sa demande. Lors des derniers entretiens, Madame est apparue moins fatiguée, et selon elle ses rapports vis-à-vis de ses enfants et de son ex-mari se sont améliorés. Madame s'est saisi de la rencontre avec une puéricultrice du Conseil Général. Elle a pris rendez-vous avec cette dernière, à son domicile, afin de pouvoir s'entretenir avec elle sur l'éducation, la santé et également sur ses difficultés au quotidien. Elle a également demandé de nouveaux entretiens avec la professionnelle.

    Sur le long terme, j’ai proposé mon aide pour constituer un dossier de surendettement. Madame a accepté dans un premier temps et à commencer à réunir plusieurs pièces pour lui permettre de finir le dossier. Cependant, Madame MARTIN a retrouvé un emploi en décembre 2013, dans une association d’aide et de service à domicile, suite aux coordonnées que nous avions trouvées ensemble. Ainsi elle a pu signer un contrat d’un an. Madame n’a pas souhaité continuer la constitution du dossier, malgré tout, elle a désiré conserver le dossier de surendettement, afin de « réfléchir sur l’éventualité de continuer dans quelques mois, si je n’ai pas de contrat à durée indéterminée ». Selon moi, cette dernière n’a pas souhaité poursuivre car la reprise de son emploi lui a permis d’augmenter ses ressources et par conséquent de continuer ses remboursements avec les échelonnements actuels de ses crédits. Suite à la reprise d'un emploi, un entretien avec Monsieur DUPONT a été envisagé, Madame MARTIN a accepté cette rencontre, avec la présence de l'assistante de service social, qui accompagne Monsieur et moi. Cette préparation demande un peu de temps, afin d'accorder la disponibilité de chacun. Cependant, bien que la rencontre se soit déroulée, je n'ai pas pu être présente car le stage prenait fin. Cela a nécessité de préparer le rendez-vous avec ma formatrice et Madame MARTIN, afin de ne pas mettre cette dernière en difficulté et de pouvoir lui permettre d'exprimer ses besoins et d'organiser avec Monsieur, la garde des enfants lorsqu'elle travaille. Les démarches entreprises avec Madame MARTIN n’ont pas pu être saisi dans leur globalité. Madame a rencontré la puéricultrice, qui a ainsi, commencer à établir une relation de confiance avec elle et a pu répondre aux questions qui pouvaient également la rendre anxieuse et demander à la professionnelle, des rencontres régulières. Madame, a pu retrouver un emploi et l’amélioration de sa situation financière a semble-t-il permis à cette dernière de faire des projets et de limiter les risques d’un isolement. Cela nous a également permis d'organiser un entretien avec Monsieur DUPONT et l'assistante de service social qui l'accompagne, afin de discuter des difficultés de chacun et d'un mode de garde adapté. Cependant, l’augmentation des ressources de Madame ne permettra peut être pas sur du long terme de régler les dettes à temps et de maintenir le budget, si les échelonnements ne sont pas augmentés ou arrêtés temporairement. Il est important selon moi de rester attentive, Madame a souhaité conserver le dossier de surendettement et pourrait faire appel aux services sociaux pour continuer la démarche ou poser des questions complémentaires, vis-à-vis de sa situation et de l’évolution possible de son activité professionnelle. Il pourrait également être nécessaire d’organiser une nouvelle rencontre afin de faire un nouveau bilan financier.

    4) Évaluation de mon intervention :

    Au cours de cette situation, je me suis attachée à répondre à mes missions d'assistante de service social en prenant en compte les potentialités et les difficultés de la personne. Lors de mon intervention avec Madame, j’ai aidé cette dernière à constituer son dossier de surendettement, cependant j’ai conservé le document durant deux semaines, afin de vérifier les documents présents et réfléchir sur la constitution. Cela n’a peut-être pas été judicieux de ma part. En effet, il est important que l’usager, selon moi, puisse s’imprégner des documents administratifs et que j’intervienne si il a besoin d’aide, en sa présence. De plus il est important de prendre en compte l'autonomie de la personne dans l'accompagnement et ainsi de respecter le code de déontologie qui je cite, précise que : « L'Assistant de Service Social13 est au service de la Personne Humaine dans la Société. Son intervention vise à l'épanouissement et à l'autonomie des personnes, groupes ou communautés, au développement des potentialités de chacun en le rendant acteur de son propre changement et à l'adaptation réciproque Individus/Société en évolution. ».

    Cette situation m’a permis de prendre conscience de l’importance de la première demande de l’usager et du respect de son rythme. Cependant il est selon moi important, de ne pas s'arrêter à la première demande et cette situation m'a permis d'aller plus loin et de prendre en compte la situation de Madame sous plusieurs angles, afin que l'accompagnement soit complet.

    Le respect du rythme me semble primordial, en effet, certaines actions, peuvent ne pas aboutir, car cela va trop vite. Dans une situation, l'usager peut également prendre de la distance tout en conservant des données, des informations que j’aurais pu lui transmettre, afin de revenir plus tard dessus et de retravailler cela ensemble. Cela fait partie également de l’autonomie, qui est définie par14 « la capacité à se gouverner soi-même. Elle présuppose la capacité de jugement, c'est-à-dire la capacité de prévoir et de choisir, et la liberté de pouvoir agir, accepter ou refuser en fonction de son jugement. Cette liberté doit s'exercer dans le respect des lois et des usages communs. L'autonomie d'une personne relève ainsi à la fois de la capacité et de la liberté. »

    Grâce à cette situation j'ai également compris que l'autonomie était à respecter tout autant que la personne elle même.

    Il est important également selon moi, de prendre en compte les motivations de la personne et son objectif prioritaire selon elle, afin de mettre en place des axes de travail qui permettent finalement d’atteindre les objectifs de la personne. Cette expérience m'a permis de procéder à une évaluation, de mettre en place une méthodologie précise grâce au recueil de donnée, à l'analyse puis à la mise en place des actions avec la personne; afin de proposer une réponse à sa demande. Cela a également été l'occasion pour moi, en tant que future professionnelle assistante de service social, de favoriser les potentialités de la personne tout en la respectant, puis de rechercher son adhésion pour les projets d'actions auxquels nous avons réfléchit ensemble. J'ai également été amenée à m'adapter à la situation et j'ai pris en compte et respecter les temps et les silences nécessaires, pour Madame, afin qu'elle puisse s'exprimer librement.

    De plus la compréhension et la prise de connaissance en tant que future professionnelle assistante de service social, sur mon secteur d’intervention, des activités proposées par les associations et des dispositifs existants, sont selon moi, importants, pour pouvoir proposer et informer les personnes de manière personnalisée, afin de les accompagner au mieux dans leurs objectifs et leur demande. Lors de cette expérience j'ai également pu travailler en équipe et comprendre l'importance des échanges pluridisciplinaires, qui peuvent nous éclairer sur certaines situations. Par ailleurs, cette situation m’a permis de comprendre l’importance de la veille professionnelle, grâce à l’analyse qui m’a permis de faire des recherches et de comprendre la situation et les risques possibles. Le travail partenarial effectué lors de cette situation à été l'occasion d'appliquer également des règles strictes concernant le secret professionnel et de limiter les informations transmises pour le bien être de l'usager et de l'objectif commun, visé avec les partenaires et la personne.

    • Conclusion :

    L’intervention sociale d’aide à la personne, m’a permis de mettre en pratique une méthodologie pour ainsi mieux expérimenter les différentes étapes d’un entretien individuel. Cela m’a permis de travailler avec les différentes missions du Conseil Général, et d’être en lien avec différents professionnels. Cette expérience m'a également permis de travailler en équipe et de pouvoir solliciter le regard extérieur des professionnels. Cela m'a permis d’approfondir les notions d'autonomie et d'empathie mais également de mettre au clair les textes qui régissent le secret professionnel ou encore le code de déontologie et auxquels je dois rester attentive et respectueuse, par conscience professionnelle et par respect pour les usagers. Cette expérience fut également l'occasion d'exercer ma future profession d'assistante de service social avec autonomie et de construire mon positionnement professionnel, auprès de mon équipe, des partenaires et des usagers. J'ai pu ainsi, construire mon identité professionnelle en respectant le code de déontologie et en faisant preuve d'éthique.

    1Assemblée des départements de France. [En ligne] [Consulté le 10/12/13]. Disponibilité et accès http://www.departements.fr/vos-departements/lahistoire-du-conseil-general

    2Vie Publique. [en ligne] [Consulté le 11/02/14] Disponibilité et accès http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/collectivites-territoriales/competences-collectivites-territoriales/quelles-sont-competences-exercees-par-departements.html

    3Infos emploi public. [en ligne] [Consulté le 02/01/14] Disponibilité et accès http://infos.emploipublic.fr/metiers/les-secteurs-qui-recrutent/les-metiers-du-social/les-assistants-de-service-social/apm-3485/

    4Statistiques du secteur, 2012-2013, Conseil Général

    5l'Allocation aux adultes handicapés, est versée sous condition de ressources, aux adultes déclarés handicapés afin de leur assurer un revenu minimum

    6 Le CMP est rattaché à un centre hospitalier. [en ligne] Consulté le 10/11/13 Disponibilité et accès http://www.resodys.org/IMG/pdf/CMPP_et_CMP-F.Soumille.pdf

    7 Le RASED est un dispositif ressource mis en place par le ministère de l'Éducation Nationale contribuant à la politique d'adaptation et d'intégration scolaires. Il est constitué d'enseignants spécialisés menant des actions spécifiques pour réduire ces difficultés lorsque l'aide apportée en classe ou sur le cycle ne permet pas d'atteindre les objectifs visés

    8 La banque de France. [en ligne] Consulté le 12/12/13 Disponibilité et accès https://www.banque-france.fr/la-banque-de-france/missions/protection-du-consommateur/surendettement.html

    9 WENDLAND, Jacqueline. Cairn. Info. [en ligne]. Édition Janvier 2007, ERES[Consulté le 03/03/14] Disponibilité et accès : http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=EP_034_0010

    10WENDLAND, Jacqueline. 2007, Ibid

    11WENDLAND, Jacqueline. 2007, Ibid

    12INSEE.[en ligne]. Disponibilité et accès http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip931.pdf [consulté le 10/11/13]

    13ANAS. [en ligne]. Disponibilité et accès :http://www.anas.fr/Le-code-de-deontologie_a735.html [consulté le 12/01/14]

    14Université de Nantes. [en ligne] Disponibilité et accès http://umvf.univ-nantes.fr/geriatrie/enseignement/geriatrie8/site/html/cours.pdf [consulté le 14/03/14]