Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Pré Jessica

Bonjour à toutes et tous,

Aujourd'hui un petit écrit pour vous conter comme parfois cela peut être difficile de travailler avec l'humain, parfois si riche, parfois si complexe...

Je n'ai pas envie ici de reprendre de la théorie et de la vulgariser, j'ai juste envie de l'écrire pour me sentir mieux et peut-être aussi pour développer les surprises auxquelles j'assiste de jour en jour dans mes accompagnements.

Pas simple, pas simple...

Pas simple, pas simple...

Cette personne est très timide me semble t-il mais ce n'est pas grave car lors de nos échanges nous arrivons - j'ai l'impression - à construire un pont pour raccorder cette frontière entre nous.

Il y a très souvent des blancs -volontaires- pour tenter de lui laisser sa place, que l'expression puisse venir d'elle. Mais ce n'est pas simple du tout, il ne s'agit pas juste de se mettre derrière une table, sur un fauteuil -confortable- et de relire un cv.

J'ai bien conscience quand nous parlons ensemble, que certains événements sont douloureux et que les vides, dans les cases des années, terrifient cette personne. Cependant elle se laisse guider, entretiens après entretiens, par mes questions

-prudentes-.

On avance doucement, on prépare un bilan de compétences, parce que -zut ne jamais avoir eu la chance d'avoir en face, un interlocuteur qui vous demande ce qu'on aime et ce qu'on veut faire, ce n'est pas juste-, enfin je crois...- .

Je "crois" un peu trop justement et je dois me réajuster constamment mais le bilan n'est pas un succès et lors de sa conclusion la personne n'est plus très à l'aise avec le résultat. Non pas que des griefs soient prononcés -c'est ça le plus douloureux- c'est que, au contraire, les barrières ne soient pas baissées.

Elles ne le peuvent pas et cela reste à sa portée, loin de la mienne. Pour autant lors des discussions, je remarque que le ton change, on est pris dans les délais ; de papiers, d'étapes et de remplissages administratifs... mais nous ne sommes pas forcément dans les temps.

Alors je bouscule un peu, j'essaie de laisser un peu plus de temps d'échange que les préconisations institutionnelles. Je dépasse largement, on discute encore, je rapproche les rencontres... bref je tente et je retente ma chance. J'engage ma voix et mon implication encore un peu plus à chaque fois, pour essayer, réessayer.

Ce jour là, alors que nous sommes au téléphone ensemble  pour  savoir quelle direction prendre, comment retravailler sa STRE... il y a un nouveau blanc.

Un peu différent, un peu plus court et soudain sa voix se fait plus fluide, plus clair  tandis que d'ordinaire je n'entends que des murmures parfois des marmonnages, elle prononce ces mots :

"merci en tout cas... -silence- merci parce que je sais... je sais que, ben il faut être patient, très patient avec moi."

Non il n'y avait pas de griefs, le plus dur ce ne sont pas les reproches -parfois teintés de mauvaise foi-, ce sont justement les sentiments d'impuissances que l'on peut ressentir.

Quand certains pleurent leur avenir au téléphone ou quand d'autres se sentent perdus et peuvent à tout moment faire un saut de l'ange fatal qu'il faut prévenir pour mieux guérir...

Ce n'est pas juste lire un cv, réécrire ensemble une lettre de motivation ou donner des astuces pour trouver un emploi. Accompagner c'est un art parfois même un peu -casse gueule- mais tellement riche et loin des clichés sur les personnes sans emploi, que l'on entend dans beaucoup des médias...

Alors non, je ne vais pas parler de Carl Rogers, ni même citer Danilo Martucceli - désolée, hein- j'avais juste besoin de l'écrire, pour me sentir bien et juste en accord là, avec vous et avec moi-même. 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article